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"Le Picassiette, c'est avant toute chose, rendre hommage à
son précurseur, Monsieur Raymond Isidore, fossoyeur du cimetière
de Chartres qui décora sa maison, intérieur extérieur
avec plus de 60.000 assiettes !
J'ai
découvert cette technique, plus ou moins connue à New York.
J'ai pu, par le biais d'un atelier d'artistes, m'initier aux joies du
Picassiette...
Il y a cette liberté de faire d'une chose une autre chose. Par
la beauté des assiettes, je fais revivre un vieux meuble démodé,
une boîte à couverts qui n'en contient plus, un miroir défraîchi...
Elles ont ce côté lisse et brillant du bijou. La variété
des styles, des couleurs et des formes excitent mon imagination. Elles
étaient et sont toujours dans des placards, avec moi elles en sortent.
Avec ma pince, je les mets en valeur de façon structurée
ou déstructurée tout comme l'objet qu'elles recouvrent dans
une totale harmonie des formes. Casser une assiette nécessite une
patience et une délicatesse infinie...
J'aime le geste précis, la matière et le bruit qu'elle produit
au moment où elle cède. Puis coller, pièce par pièce,
réveiller les courbes tout en respectant la ligne de l'objet. Elle
m'enseigne un nouvel art de vivre. A mon tour, aujourd'hui, de lui donner
une renaissance de toute évidence méritée."
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Véronique Coty - |
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